Retour à la Page d'entrée du site de Fresnes sur Marne
 
 







La Briqueterie

 

 

Rue de l'Ancienne Briqueterie…

Le nom évoque encore dans l'esprit des Anciens de Fresnes tout un monde et un mode de vie révolus.

 

L'activité commença dès 1873. Avec les premières briques fabriquées au moule et à la raclette, on construisit les fours définitifs. La matière première était la terre du lieu-même, puis on alla la chercher de plus en plus loin (jusqu'au-delà de la Nationale actuelle, avec des wagonnets, tirés par les chevaux à l'aller, revenant seuls grâce à la pente du terrain.

 

Le propriétaire de l'exploitation, Monsieur Gatellier, embauchait, bien entendu, des ouvriers dans le village, mais faisait aussi appel à des ouvriers venus du Nord de la France et de la Belgique. Ces derniers ‘installaient avec leur famille dans des habitations rudimentaires, les « cambuses » (deux pièces au sol pavé de briques), repartant chez eux en octobre.

 

 

Les familles de Fresnes peinaient pendant les rudes hivers, grande saison de cuisson. Les ouvriers étaient payés au millier de briques prêtes à cuire. Il ne fallait donc pas risquer la perte des briques crues. Ainsi, pendant les grosses intempéries, tous les gens sortaient du lit la nuit pour courir protéger les briques et les tuiles mises à sécher avec des paillassons de seigle.

 

Les briques trop cuites, les ratées, nommées les « crapauds » étaient transportées par charrettes dans une grande fosse creusée à droite de la route de Charny, juste à l'angle du premier chemin de terre. C'était le « trou à briquetons ».

 

 

Les briquetiers rangeaient les briques cuites à fur et à mesure sur les rampes de la berge, les apportant par brouettes très chargées qui dévalaient la pente aménagée à cet effet ; de là, elles étaient embarquées sur des péniches (4 par jour) qui partaient au fil du Canal de l'Ourcq vers Paris.

 

En plus des briques ont fabriqua avec le temps des carreaux et des tuyaux de drainage. On fabriqua aussi des briques blanches avec de la glaises qu'on allait chercher dans les Vallières, après Annet, au lieu-dit : la Violette.

 

Les journées de travail commençaient à 4 heures du matin et ne s'arrêtaient qu'à la nuit (12 à 14 heures de travail). Les femmes et les enfants piochaient la terre et la préparaient en la mouillant pour en faire une pâte épaisse, la piétinant pieds nus pour la pétrir parfaitement.

 

Pendant que les ouvriers briquetiers moulaient et démoulaient les briques, les chauffeurs, debout devant les fours, chargeaient le charbon. La température devait rester constante.

 

L'évacuation des fumées se faisait par deux immenses cheminées. La troisième surmontait le four à gaz, utilisé pour cuire les briques à l'huile, de qualité supérieure. L'un des travailleurs à cet endroit y perdit la vue. La 4 ème cheminée servait à évacuer la vapeur d'une machine qui envoyait l'eau d'un puit à toutes les équipes de fabrication.

 

Tous ces gens étaient ravitaillés en épicerie et boissons par deux fillettes du village dont les parents tenaient des cafés-épiceries. Elles venaient, tirant leur charrette à bras, proposant chaque jour leurs marchandises.

 

Le samedi après midi, on lavait le sol des cambuses à grande eau. Le dimanche, les saisonniers accompagnés de leur famille, faisaient la tournée des sept café du village. On finissait par le grand café-restaurant face au canal, appelé à juste titre : « Au Rendez-vous des Briquetiers ».

 

La briqueterie, après être passée dans les mains de Casimir Beaujean (1901), puis de Poliet-et-Chausson (1925), ferma définitivement en 1932.

 

 

Denise CREMEL

 

 

 

 

 

 

 
  Accueil | Notre Village | Vie Communale | Vie Locale | Vie Pratique | Vie Economique | Agenda | Contact | Plan du Site
Dernière mise à jour du site 17/12/2010
© Xi Consulting - Mentions Légales