Fresnes-Infos
Fév. 2009
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Récit de la Doyenne de Fresnes (98 ans)

Je suis née en 1910 à Fresnes, à la ferme Fouquet dans la Grand’rue. J’étais l’aînée de 4 enfants.
Mes parents étaient employés chez mon grand-père François, ainsi d’ailleurs que tous ses autres enfants.
A cinq ans, je suis entrée à l’école située rue de l’Ourcq. Ma maîtresse s’appelait Mme Fillard.
Elle s’occupait de la quarantaine de filles du village dont la troupe était encore grossie par les enfants des saisonniers belges, venant travailler au mois de Mars à la briqueterie : la classe était pleine !
Comme toutes les fillettes, je portais un tablier noir, cousu avec amour par ma mère.
Elle l’agrémentait d’un « point d’épine » au fil bleu ou vert clair, au col et aux poignets.
A cette époque, la Grande Guerre faisait rage et bien des hommes du village manquaient dans les foyers.
En novembre 1918, en fin d’après-midi, la bouchère, Mme Padoit, qui revenait des Halles avec sa charrette tirée par un cheval, appela Mme Fillard avec de grands gestes : l’Armistice venait d’être signé !
A cette nouvelle, la maîtresse nous a mises toutes en rang et nous sommes parties jusqu’à la Grand’ Route en chantant les chants patriotiques.
Comme nous redescendions, on entendit carillonner les cloches de l’Eglise qui avertissaient tous les gens peut-être encore dans les champs que la Guerre était finie
Suzanne Vandenbossche
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